alana

Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /2006 19:30

Puisque le juste est dans l'abîme

Puisque le juste est dans l'abîme,
Puisqu'on donne le sceptre au crime,
Puisque tous les droits sont trahis,
Puisque les plus fiers restent mornes,
Puisqu'on affiche au coin des bornes
Le déshonneur de mon pays ;

Ô République de nos pères,
Grand Panthéon plein de lumières,
Dôme d'or dans le libre azur,
Temple des ombres immortelles,
Puisqu'on vient avec des échelles
Coller l'empire sur ton mur ;

Puisque toute âme est affaiblie,
Puisqu'on rampe, puisqu'on oublie
Le vrai, le pur, le grand, le beau,
Les yeux indignés de l'histoire,
L'honneur, la loi, le droit, la gloire,
Et ceux qui sont dans le tombeau ;

Je t'aime, exil ! douleur, je t'aime !
Tristesse, sois mon diadème !
Je t'aime, altière pauvreté !
J'aime ma porte aux vents battue.
J'aime le deuil, grave statue
Qui vient s'asseoir à mon côté.

J'aime le malheur qui m'éprouve,
Et cette ombre où je vous retrouve,
Ô vous à qui mon coeur sourit,
Dignité, foi, vertu voilée,
Toi, liberté, fière exilée,
Et toi, dévouement, grand proscrit !

J'aime cette île solitaire,
Jersey, que la libre Angleterre
Couvre de son vieux pavillon,
L'eau noire, par moments accrue,
Le navire, errante charrue,
Le flot, mystérieux sillon.

J'aime ta mouette, ô mer profonde,
Qui secoue en perles ton onde
Sur son aile aux fauves couleurs,
Plonge dans les lames géantes,
Et sort de ces gueules béantes
Comme l'âme sort des douleurs.

J'aime la roche solennelle
D'où j'entends la plainte éternelle,
Sans trêve comme le remords,
Toujours renaissant dans les ombres,
Des vagues sur les écueils sombres,
Des mères sur leurs enfants morts.
                                                                      Victor Hugo

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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 08:51

Si seulement j’avais un ange pour vivre un instant d’amour. Si seulement j’avais ton ange, ce soir.

Au cœur d’un jour déclinant, j’ai posé un pied loin de mon cœur innocent. Prêt à me détester, je tomberai quand cela arrivera, cette nuit te blessera comme jamais auparavant.
Les vieilles amours ont la vie dure. Les vieux mensonges l’ont encore plus.

Si seulement j’avais un ange pour vivre un instant d’amour. Si seulement j’avais ton ange, toi la Vierge Marie perdue. Je suis amoureux de mon désir qui réduit les ailes des anges en poussières. Si seulement j’avais ton ange, ce soir.

Je sombre dans une telle fragilité et une telle cruauté. Le masque de l’ivresse change toutes les règles.
Les vieilles amours ont la vie dure. Les vieux mensonges l’ont encore plus.

Le plus grand frisson n’est pas de ne pas tuer mais de gagner le prix de la nuit. Hypocrite, soit disant ami, 13ème disciple qui m’a trahi pour rien !

Dernière danse, premier baiser, ton toucher, mon bonheur absolu. La beauté est toujours suivie de sombres pensées.(Nightwish)

 

 

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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 08:57

        Dieu, aime et donne du repos à mon âme par ce coucher de soleil infini. Je n’ai plus de sensation mais tu ne me verras pas échouer. Je suis la décadence de ton monde. Je suis l’eider couvert d’huile. C’est une bonne chasse pour toi, le carnivore hypocrite.
Dis-moi pourquoi ne pas avoir de cœur m’a valu d’être pendu ?
La musique est morte, « amen » a été dit. Je prie pour que la foi m’embrasse, pour avoir un cœur aimant et une âme à vendre.

Laisse-moi en paix et cesse de me dire comment ressentir les choses, comment pleurer, comment me protéger du diable. Laisse-moi en paix, cette surdose de mensonges est en train de me tuer. Romanticide, jusqu’à ce que l’amour me sépare.

Regarde-moi, anéanti par mes propres créations.

L’Enfant Mort existe mais il est dénué de sensation. J’ai besoin d’une expérience aux frontières de la mort. mon cœur qui était vigoureux autrefois est maintenant changé en pierre. La perfection est mon messager de l’Enfer. Le vin se change en eau, les feux de camps gèlent, les lettres d’amour brûlent. L’amour est perdu. Seigneur, fais que je me trompe sur cette douleur. Douleur temporaire, honte éternelle pour celui qui prend part à ce jeu diabolique. Crache-moi dessus, lâche prise, débarrasse-toi de moi, et essaie de survivre à ta stupidité.(Nightwish)


                                                                

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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /2006 13:20

 

L’art délicat du vice occupe tes loisirs,
Et tu sais réveiller la chaleur des désirs
Auxquels ton corps perfide et souple se dérobe.
L’odeur du lit se mêle aux parfums de ta robe.
Ton charme blond ressemble à la fadeur du miel.
Tu n’aimes que le faux et l’artificiel,
La musique des mots et des murmures mièvres.
Ton baiser se détourne et glisse sur les lèvres.
Tes yeux sont des hivers pâlement étoilés.
Les deuils suivent tes pas en mornes défilés.
Ton geste est un reflet, ta parole est une ombre.
Ton corps s’est amolli sous des baisers sans nombre,
Et ton âme est flétrie et ton corps est usé.
Languissant et lascif, ton frôlement rusé
Ignore la beauté loyale de l’étreinte.
Tu mens comme l’on aime, et, sous ta douceur feinte,
On sent le rampement du reptile attentif.
Au fond de l’ombre, elle une mer sans récif,
Les tombeaux sont encor moins impurs que ta couche…
O Femme ! Je le sais, mais j’ai soif de ta bouche

(Études et préludes, 1901)

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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /2006 13:23

 

Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde,
Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix,
L'harmonie et le songe et la douleur profonde
Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.

Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles,
Je partage leur vie intense en les touchant,
C'est alors que je sais ce qu'elles ont en elles
De noble, de très doux et de pareil au chant.

Car mes doigts ont connu la chair des poteries
La chair lisse du marbre aux féminins contours
Que la main qui les sait modeler a meurtries,
Et celle de la perle et celle du velours.

Ils ont connu la vie intime des fourrures,
Toison chaude et superbe où je plonge les mains !
Ils ont connu l'ardent secret des chevelures
Où se sont effeuillés des milliers de jasmins.

Et, pareils à ceux-là qui viennent des voyages.
Mes doigts ont parcouru d'infinis horizons,
Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages
Et m'ont prophétisé d'obscures trahisons.

Ils ont connu la peau subtile de la femme,
Et ses frissons cruels et ses parfums sournois...
Chair des choses ! J'ai cru parfois étreindre une âme
Avec le frôlement prolongé de mes doigts...

(sillages, 1908)

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