Mercredi 11 octobre 2006
3
11
/10
/2006
15:57
Sirène au corps d’argent, dont le regard fascine,
Tu glisses comme un rets sur l’immense océan,
Attirant par ta voix, ô néfaste androgyne,
Le crédule pêcheur vers le gouffre béant.
Tes chants mélodieux, dans la nuit étoilée,
Dans le calme divin, font tressaillir d’émoi,
Et de loin on entend cette harmonie ailée
Qui glace l’homme plein de désir et d’effroi.
Tu t’approches de lui, les lèvres souriantes ;
De ta chair parfumée émane le péril ;
Tu l’appelles encor de tes mains suppliantes ;
Il est sous le pouvoir de ton charme subtil.
Inconscient, il suit la forme enchanteresse,
Oubliant son foyer, le bonheur du retour,
Et les serments qu’il fit à sa jeune maîtresse :
Tu le tiens désormais dans tes filets d’amour ;
Mais il s’abîme au fond de l’onde impitoyable,
Il voit confusément l’épouvante des mers,
Des cadavres meurtris sur leur couche de sable,
Les crabes jaillissant de crânes entrouverts.
Il veut se libérer de sa prison mouvante,
Il tend ses bras vaincus vers l’horizon d’airain,
Puis meurt dans un sanglot. Et la douce voix chante,
Car une autre victime éclaire le lointain.
Par alana
-
Publié dans : alana
0
-
Recommander
Mercredi 11 octobre 2006
3
11
/10
/2006
16:00
Je n’ai pas su t’aimer, ma divine et ma blonde,
Blonde aux baisers de fleur, bien souvent, en secret
J’ai dû faire pleurer les plus beaux yeux du monde,
Je n’ai pas toujours eu la bonté qu’il faudrait.
J’ai vécu trop de deuils, de douleurs, de mensonges,
J’ai passé mon chemin, mon cœur est devenu
L’incrédule de rêve et l’ennui des songes ?…
Lorsqu’il était trop tard, ton sourire est venu.
Je trouvais à souffrir Dieu sait quels sombres charmes,
Tu me disais : Toujours ! Je répondais : Jamais !
Je doutais âprement ; même devant tes larmes,
J’étais triste et méchante ; et pourtant tu m’aimais !
Je n’ai pas su garder intacte et parfumée
Une heure unique et tendre, au fond de mon destin…
O ma douceur ! Pourquoi t’ai-je si mal aimée ?
L’espérance ne peut épouser le chagrin.
Quelque chose de frais, quelque chose d’immense,
Quelque chose de blanc comme l’éclat du jour
Avait paru pourtant dans ma terne existence,
Ce miracle : t’avoir inspiré de l’amour !
Une larme à tes yeux ressemble à la rosée ;
Pour me la donner, pleure une dernière fois !
Ce sera le pardon sur mon âme brisée
Et l’effacement pur du mauvais autrefois !
Par alana
-
Publié dans : alana
0
-
Recommander
Mercredi 11 octobre 2006
3
11
/10
/2006
16:02
L’Amour dont je subis l’abominable loi
M’attire vers ce que je crains le plus, vers Toi !
Tu fus et tu seras l’Inconnue ennemie…
Je t’adore en pleurant, ô si mauvaise amie !
Car voici la raison de mon tourment infâme :
Je ne surprendrai pas le regard de ton âme.
C’est pourquoi je te hais, c’est pourquoi je te crains…
J’appelle un autre amour, d’autres yeux, d’autres mains,
Et surtout, pour calmer la plainte qui s’élève
Du fond de mon cœur las, un rêve, un divin rêve !
Par alana
-
Publié dans : alana
0
-
Recommander
Mercredi 11 octobre 2006
3
11
/10
/2006
16:02
C’est en vain que, pour moi, ma raison s’évertue,
Car je n’aime que ce qui me raille et me tue…
Et ma grande douleur terrible, la voici :
Partout je redirai : Je ne suis pas d’ici.
Je n’ai rien calculé, je suis née ivre et folle.
Au hasard, j’ai semé mon âme et ma parole.
J’ai donné mes baisers et mes fleurs et mes lais,
Et je n’ai point compris que je me dépouillais…
J’aime le vent qui fait les pires catastrophes,
L’encens mortel, les soirs fiévreux, le vin des strophes.
Si je ne puis mourir d’une très douce mort
Où je m’exhalerais sans cris et sans effort,
Que retombe sur moi l’effroi d’un beau désastre,
L’écroulement d’un temple ou la chute d’un astre !
Et que je disparaisse au regard des humains,
Ayant jeté mes fleurs au hasard des chemins.
Que, si la Destinée est à ce point clémente,
La nuit m’ensevelisse et le vent me lamente !
Et dans ce long repos qu’aucun mot ne traduit,
Que je dorme parmi les choses de la nuit.
Par alana
-
Publié dans : alana
0
-
Recommander
Mercredi 11 octobre 2006
3
11
/10
/2006
16:07
J’étais pareille à la voyageuse recrue,
Lasse enfin des courants et des vents et du sort
Et qui n’aspire plus qu’au bon sommeil du port…
Miraculeusement vous m’êtes apparue…
Et vous ressembliez à tout ce qui m’est cher,
Aux jardins de juillet dans leur douceur croissante,
Aux parfums respirés au détour d’une sente,
Aux lys graves, aux clairs de lune sur la mer.
Semblable à celles-là qu’une langueur accable,
Sachant que vous étiez mon fragile avenir,
Je vous regardais vivre et briller et fleurir.
O lys parfait, ô clair de lune irréprochable !
J’oubliai que je viens d’errer sur des chemins
Trop rudes… Malgré moi je me suis arrêtée…
Et cependant, ô belle à la voix enchantée !
Je pleure de sentir mon cœur entre vos mains.
Par alana
-
Publié dans : alana
0
-
Recommander